Légende : Menhir au bord d’une vigne de Vergisson.
L’appellation pouilly-fuissé a fait beaucoup d’ombre à ses deux petites « cousines », pouilly-cloché et pouilly-vinzelles, qui souffrent toujours d’un important déficit de notoriété. Une manière d’injustice, car si les vins issus de ces deux petites appellations se montrent plus vifs et de moins longue garde que les meilleurs pouilly-fuissé, ils font des bouteilles de bonne compagnie et de prix remarquablement modérés.
La distinction entre les trois crus trouve son origine dans l’histoire. Si vous sillonnez le vignoble, on vous racontera qu’en 1936, lors de la sortie des décrets d’appellation d’origine contrôlée, la coutume était d’inscrire sur les étiquettes le nom de Pouilly, suivi du nom de la commune. Chaintré, Vergisson, Solutré-Pouilly et Fuissé acceptèrent leur regroupement sous la mention générique pouilly-fuissé. Loché et Vinzelles refusèrent ce qu’elles considéraient alors comme un abandon d’identité. S’ensuivit une bataille juridique, qui se solda par la « victoire » des petites, et la création de deux AOC minuscules, qui, un demi-siècle plus tard, pâtissent de leur déficit d’image.
Sous l’influence de quelques viticulteurs dynamiques, les choses sont en train de changer. Mais le handicap à remonter est lours, car les exploitations indépendantes demeurent très petites. Elles sont aussi peu nombreuses, ce qui permet en revanche une assez bonne homogénéité de la qualité. En 1997, la cave des Grands Crus vinifiait encore 60 % de la production totale en appellation villages pouilly-loché et pouilly-vinzelles. Une poignée de producteurs se partagent les 40 % restants.
Sur le plan géologique, rien ne distingue vraiment les deux « petits » pouillys de leur voisin. Le vignoble est orienté à l’est, face à la plaine de la Saône. La vinification et l’élevage des vins en fûts de chêne sont encore très minoritaires. La plupart s’apprécient facilement dans leur jeunesse. Ils montrent souvent plus de vivacité et de fraîcheur que les pouilly-fuissé. Leurs arômes s’épanouissent dans le registre floral et végétal fin. On y décèle aussi, comme chez leur cousin, des nuances d’agrumes et de noisette, mais moins de saveurs beurées en raison de la prépondérance de l’élevage en cuves. A Vinzelles, le climat des Quarts donne souvent un vin puissant et charpenté qui vieillit bien, tout comme les Mûres sur Loché, assez généreux en bouche. Les Barres à Loché sont plus fruités, avec des nuances de fleurs blanches, alors que les Pétaux sur Vinzelles se révèlent souples et d’un caractère assez friand. Comme à pouilly-fuissé, les noms de climats peuvent être revendiqués sur les étiquettes. A noter que Loché accueille une des (rares) gares situées sur la ligne Paris-Lyon du TGV. On a ainsi, pratiquement, les pieds dans le vignoble à la descente du train.