MERCUREY

MERCUREY

Le village de Mercurey

Mercurey est l’appellation la plus vaste du Chalonnais. Le vignoble couvre 700 hectares, dont 550 hectares environ en appellation communale et en premiers crus ! En Bourgogne, seule l’A.O.C. Chablis dispose d’une surface en production supérieure...

Cette géante a connu sa crise de croissance dans les années cinquante et soixante. Des domaines extérieurs à la commune se sont alors intéressés au développement du vignoble. ils ont planté de vastes superficies vierges et contribué à placer l’appellation sur les rails. Contrairement à Givry, dont il a toujours été absent, le négoce a joué un rôle certain dans la réussite de l’appellation. Avec la maison Antonin Rodet, installée au village et qui commercialise 70 hectares de Mercurey, il dispose d’une " locomotive " qui joue la carte de la qualité. Tout comme le Nuiton Faiveley, qui possède 80 hectares en côte Chalonnaise, dont une bonne part à Mercurey ! Les vins de Mercurey sont rouges à 90 %. On dénombre 28 premiers crus, représentant 150 hectares. Cinq sont situés sur la commune voisine de Saint-Martin-sous-Montaigu. Plantés, comme partout en Bourgogne, à mi-coteau, ils présentent, selon la nature de leur sous-sol et deleur exposition, des caractères différents. Les vins les plus fins sont exposés plein sud. Ils proviennent des Naugues, du Clos-Voyen, du CLos des Grands Voyens, des Vasées, du Clos-Tonnerre, du Clos-Marcilly... Au clos-des-Barraults, au Clos-du-Roi, aux Veleys, les marnes profondes donnent des vins plus charpentés. Le Clos-des-Montaigus, le Clos-l’Evêque, les Combins et les Champs-Martins complètent la liste des terroirs les plus réputés. Il y a de grandes différences, sur le plan qualitatif, entre ces premiers crus et les vins d’appellation communale. Cette homogénéité résulte en partie d’abus commis en matière de plantation. Car si l’immense majorité des vignes est effectivement susceptible de fournir un vin de qualité, ce n’est pas le cas partout...

Longtemps décriée, la qualité moyenne des vins de Mercurey a heureusement connu une remontée spectaculaire dans la sseconde moitié des années quatre-vingt. Les efforts consentis par des producteurs d’élite, la progression des techniques de vinification et l’arrivée de la jeune génération expliquent ce saut qualitatif salutaire. Beaucoup de vins sont aujourd’hui parfaitement élaborés. Dans ce cas, ils soutiennent la comparaison avec des voisins plus huppés. J’ai le souvenir d’une dégustation à l’aveugle de premiers crus et de grands crus de la côte de Nuits. Le vin " pirate ", un mercurey Clos-des-Barraults 78 du domaine Michel Juillot, y avait dominé les seigneurs de la Bourgogne ! Les vins de Mercurey vieillissent remarquablement. Dix ans est une valeur moyenne. Mais certains dépassent facilement le quart de siècle.

Un mot sur les vins blancs, qui ne représentent que 10 % de la production. Bien que peu connus, et assez peu demandés, ils peuvent être splendides. Lorsqu’ils sont issus de sols où se plaît le chardonnay, ils présentent des arômes intensément fruités, et une structure riche et grasse. Les meilleurs proviennent des Champs-Martins (3 ha de chardonnay sur un total de 13.5 ha), mais aussi du Clos-des-Barraults, des Sazenays, des Velées et du Clos-des-Montaigus. Ils vieillissent bien, comme tout grand bourgogne blanc.

Un 1982, dégusté en 1997, embaumait le pain grillé à la façon d’un grand meursault. Si vos pas vous conduisent au village (1 500 habitants) qui tire son nom du dieu Mercure, vous y trouverez un hôtel-restaurant confortable où prolonger le séjour. A proximité, le relief tourmenté du vignoble invite à la promenade. Vous pourrez voir les ruines du château de Montaigu (XIIe siècle, au-dessus du hameau de Chamirey) et la petite église de Touches (XIIIe siècle), typiquement bourguignonne.

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