Mercurey est fière, à juste titre, de la réussite de son remembrement. Elle est en effet la seule commune de France à avoir conduit une opération de remembrement intégral des parcelles agricoles et viticoles. La décision de remembrer a été prise en 1984, à la suite des violents orages de 1981 et de 1983. Ces orages avaient provoqué de très gros dommages : torrents de boue venus des collines envahissant les rues et les caves, chemins de desserte détruits, vignoble raviné, ceps de vigne déchaussés, etc. La répétition de ces phénomènes catastrophiques, susceptibles de mettre en péril l’avenir même de la viticulture de Mercurey, a provoqué une prise de conscience. Il était urgent de réaliser des travaux hydrauliques d’envergure pour mettre le vignoble à l’abri des colères du ciel. Ces travaux ne pouvaient être conduits que dans le cadre d’une politique globale d’aménagement des coteaux, impliquant le remembrement d’un domaine viticole très morcelé appartenant à de nombreux propriétaires. Les intérêts en jeu étaient importants. Les réticences le furent tout autant. Le village garde le souvenir des manifestations de petits propriétaires hostiles à l’échange de leurs parcelles, et des passions que suscitèrent ces opérations inédites dans un milieu traditionnellement attaché à la propriété du sol ! Le remembrement de Mercurey est aujourd’hui complètement terminé. Les travaux hydrauliques ont été achevés en 1993 et le bilan de l’opération est considéré comme très positif par l’ensemble de ses acteurs. 1 400 hectares au total ont été remembrés, représentant 4 543 parcelles et intéressant 1 277 propriétaires. 700 ha se trouvaient en zone d’appellation Mercurey, 160 ha en zone d’appellation Bourgogne et 540 ha en polyculture. A l’issue des échanges, le nombre de parcelles a été réduit de 61,7 %, et la surface moyenne des îlots a été multipliée par trois. Enfin et surtout, Mercurey dispose désormais d’un réseau de collecte et de transport de l’eau performant. On a construit trois bassins d’orage, 19 décanteurs, plus de 22 km de fossés, 5,5 km de chaussées en béton et 3,3 km de caniveaux. Le remembrement de Mercurey représentait une véritable gageure. Le pari a été gagné !