BOUZERON

 Bouzeron s’est toujours distingué des autres villages de la côte chalonnaise. D’abord par son encépagement original, largement dominé par l’aligoté. Ensuite par la reconnaissance accordée à cette variété plutôt mal considérée. En 1979, les vignerons de Bouzeron ont obtenu le droit de faire figurer sur les étiquettes la mention bourgogne aligoté de bouzeron, appellation à mi-chemin entre l’AOC village et l’AOC régionale. En septembre 1997, une étape supplémentaire et décisive est franchie.

Depuis cette date existe en côte chalonnaise une cinquième appellation village : bouzeron. Mais à la différence de Givry, Montagny, Rully et Mercurey, Bouzeron n’est reconnue comme AOC village que pour sa production d’aligoté.

Les chardonnays et les pinots noirs produits à Bouzeron sont vendus comme de « simples » bourgognes, ou bourgogne côte chalonnaise.

Ce minuscule bourg en limite de Chagny, le plus septentrional de la côte chalonnaise, vit avec son aligoté une histoire d’amour qui a traversé les siècles et les difficultés de la vie commune.

Ici, l’aligoté a été réservé aux meilleurs coteaux. A Pernand-Vergelesses et à Meursault, autres berceaux « historiques » de cette variété rustique, il a colonisé la plaine, reculant devant le prestigieux chardonnay. Cette exposition favorable, dans un vallon parallèle aux vignobles de Santenay, Chassagne et Rully, ainsi que des sols peu profonds à forte proportion de calcaire, explique la qualité particulière de l’aligoté dans ce coin de Bourgogne.
On considère à Bouzeron comme un abominable gâchis l’adjonction aux vins du finage de la crème de cassis qui donne naissance au kir. On recommande de boire l’aligoté à l’apéritif, accompagné de gougères, ou avec une entrée. A son meilleur, le bouzeron est un vin vif mais pas trop acide. Il délivre des arômes de pomme, de citron, ainsi qu’un caractère minéral qui évoque la pierre à fusil. On ne risque guère de le confondre, dans sa jeunesse, avec un chardonnay, car il en a rarement le gras. Il n’est ni vinifié ni élevé dans le bois, et la mise en bouteilles intervient au printemps suivant la vendange. Les producteurs sont d’abord soucieux d’emprisonner le fruit et de conserver au vin sa fraîcheur. On le boit dans ses trois ou quatre premières années. Mais les plus réussis peuvent se conserver plus longtemps.

Les aligotés de Bouzeron jouissent d’une vieille réputation. Ils apparaissent dans la Description du Duché de Bourgogne de Courtépée, en 1760. Et un tarif d’une maison de vins de Beaune propose, en 1902, du bouzeron au même prix que les chardonnays de Montagny ou de Pouilly-Fuissé !...

 

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