Le clos-de-Vougeot est particulièrement intéressant en ce sens qu’il constitue, en une cinquantaine d’hectares, un véritable " condensé " de la Bourgogne : l’histoire, le morcellement (80 propriétaires pour une soixantaine de vins produits) et la polémique. C’est que le clos-de-vougeot ne fait pas l’unanimité...
Dans son ensemble, le clos présente un aspect assez plat et ondulé, rappelant un peu une légère houle marine. Une dizaine de mètres d’altitude seulement sépare le haut du bas du clos. Et c’est justement de cette partie basse que vient la polémique. Le clos-de-Vougeot descend très bas, jusqu’à la route nationale Beaune-Dijon. De l’autre côté de la route se trouvent des vignes classées appellation... bourgogne. Par quel miracle divin peut-on passer en quelques mètres du bourgogne au grand cru, en sachant que les géologues n’ont pas enregistré de différences marquantes entre un côté de la route et l’autre ? Une part de mystère subsite et c’est sans doute mieux ainsi.
Une chose est sûre, avec ses terres lourdes, profondes, fertiles, où l’eau stagne, la partie basse du clos est naturellement favorable aux rendements élevés et rend la vigne plus sensible aux maladies. Mais la plupart des propriétaires situés dans le bas du clos ont effectués les travaux nécessaires pour drainer leurs parcelles et pour y maîtriser les rendements. Ils obtiennent des clos-de-vougeot "terriens", profonds, natures, tanniques, moins sophistiqués que dans le milieu et le haut du clos, mais qui présentent une vraie aptitude à la garde. Disons en résumé qu’il est moins facile de faire de grands vins dans le bas que dans le haut du clos, mais que certains y parviennent joliment...
Dans le clos, 80 propriétaires environ se partagent une superficie importante, à l’échelle bourguignonne, de grand cru : 50 hectares. L’hétérogénéité qualitative y est donc à sont "maximum", alors que les prix restent relativement bas pour des grands crus.
Bien "qu’écrasé par le clos-de-Vougeot, le petit vignoble de Vougeot compte également quelques premiers crus intéressants, en rouge comme en blanc. En rouge, le Clos de la Perrière (monopole du domaine Bertagna) mérite une mention particulière pour sa richesse toute proche de celle d’un grand cru. En blanc, citons le vougeot premier cru Clos-Blanc, dont les vignes bordent le mur nord du clos-de-Vougeot.
Fiche signalétique de Vougeot
- Superficie en production
- Production annuelle
Le château et la confrérie
Le château du clos-de-Vougeot trône au beau milieu du clos. Si le cellier est contemporain de la naissance du clos (XIIe siècle), l’ensemble de la première construction date du XIIIe siècle. Chaque période y a laissé sa trace, pour aboutir à un ensemble majestueux et puissant, d’où se dégage une atmosphère de recueillement. L’imbrication des toits est une pure merveille, tout comme les impressionnants pressoirs à cabestan en chêne, aux allures de véritables catapultes romaines de la guerre des Gaules. Le château se visite toute l’année.
Son histoire, au cours du XXe siècle, est indissociable de celle de la confrérie des Chevaliers du Tastevin. Créée en novembre 1934, la confrérie loue le château depuis 1944. Elle l’a repris en ruine, a beaucoup investi et continue d’investir dans son entretien et sa rénovation. Chaque année, la confrérie y organise deux dégustations professionnelles (le Tastevinage) et 17 chapîtres, des soirées au cours desquelles elle reçoit plusieurs centaines de convives. Six cents personnes sont intrônisées tous les ans.