En ce samedi 18 novembre 1995, Joseph Henriot reçoit la presse dans les caves de chez Bouchard Père et Fils. Joseph Henriot est champenois et propriétaire, depuis quelques mois seulement, de la vénérable maison de négoce beaunoise, pour laquelle il a de grandes ambitions. Il désire donc le faire savoir le plus largement possible et « l’artillerie lourde est déployée » au cours du déjeuner. Sur la viande, c’est un volnay Caillerets 1929 qui est servi. Superbe de conservation, marqué d’arômes sauvages et encore vifs de fruits à l’eau-de-vie et d’épices, le vin charme en bouche par sa texture d’une incroyable finesse. Suit un volnay Santenots 1865 ! Gardé à huit mètres sous terre, remis à niveau et rebouché à plusieurs reprises avec bouchons neufs, ce vin à bénéficié de conditions de conservation parfaites. Le résultat est étonnant : robe d’une fantastique densité, profonde, nez marqué de notes puissantes et élégantes de cuir, de sous-bois, de fruits sauvages, texture fondue, d’un velouté séducteur et d’une très grande longueur en bouche. Est-il vraiment utile de rajouter quelque chose sur l’aptitude à la garde des vins de volnay ?