Légende
Des roses au pied des volnay-Santenots.
Volnay a toujours vécu à l’ombre de son voisin immédiat au nord : Pommard, « locomotive » de la Côte-de-Beaune et de la Bourgogne tout court. Cette suprématie n’a pas de raison d’être sur le strict plan de la qualité des vins.
D’une extraordinaire variété, le vignoble de volnay comprend trente-cinq premiers crus, dont quelques-uns sont de véritables « stars » : Caillerets, Champans, Clos-de-Chênes, Clos de la Bousse d’Or, Santenots, Frémiets, Taillepieds, Clos-des-Ducs, Clos de la Barre. Tous les styles de vins sont représentés. La grande finesse et la rondeur avec les Frémiets et les Caillerets, la robustesse et la puissance dans le Clos-des-Ducs ou les Champans, la puissance et le soyeux du Clos-des-Chênes et du Clos de la Bousse d’Or, enfin l’extrême hétérogénéité, du « tout grand » au « tout petit », dans les 29 hectares des Santenots. Le lieu-dit les Santenots est d’ailleurs original en ce sens qu’il est intégralement délimité sur Meursault. En pinot noir, le producteur a droit à l’appellation volnay 1er cru Santenots ; en chardonnay, selon les parcelles, aux appellations meursault 1er cru, meursault 1er cru Santenots ou meursault.
Volnay est également une appellation « à part » en Bourgogne, par ses hommes, impliqués pour certains dans les responsabilités syndicales, pour d’autres dans la recherche, pour les derniers, dans les plus hautes sphères de...la magistrature française.
Pendant 20 ans, Gérard Potel, celui qui « ne voulait surtout pas faire de syndicalisme » a occupé des fonctions à la confédération nationale des A.O.C., à l’association des viticulteurs de Côte-d’Or, à l’interprofession, à l’association technique viticole de Bourgogne et est resté président du Syndicat viticole de Volnay de 1976 à juillet 1997. Une figure ! Gérard Potel est décédé en octobre 1997, à l’âge de 61 ans. Ingénieur agronome, il avait fait de son domaine de la Pousse d’Or une référence qualitative.
A 70 ans, le marquis Jacques d’Angerville dirige toujours le domaine familial de 14 hectares. Il place l’homme au-dessus de tout en estimant, à juste titre, sa place essentielle dans l’expression des terroirs. Pendant longtemps, Jacques d’Angerville a été le président de l’interprofession des vins de Bourgogne. L’institut universitaire Jules Guyot, à Dijon, l’avait choisi pour être son premier président au début des années 90. Trois (bons) vignerons de Volnay, Michel Lafarge, Régis Rossignol et Joseph Voillot, ont fait partie des pionniers en Bourgogne de la méthode soustractive « par évaporation à pression atmosphérique » (EPA, cf. chapitre vinification). En résumé, le principe de l’EPA est d’éliminer de l’eau d’un moût (jus de raisin avant départ en fermentation alccolique) par circulation d’un courant d’air chaud et sec ; le bur est de concentrer le moût, donc, en final, le vin. Le premier test remonte à 1990, quand personne n’y croyait, sauf ces trois vignerons et quelques autres... Hubert de Montille est né en 1930, à Volnay. Deux métiers, deux passions ont occupé sa vue : vigneron et avocat. Un grand vigneron, un grand avocat. Bâtonnier de l’ordre des avocats à la cour d’appel de Dijon, Hubert de Montille a également occupé les fonctions de vice-président à la conférence des bâtonniers de France. Il a notamment plaidé dans de nombreuses affaires liées aux vins. Pour lui, « un avocat est comme un chirurgien, il ne doit pas opérer ses gosses. Pour les autres, il ouvre et il traite ».