Légende
Pommard, reputé pour ses vins rouges.
Pommard ! Facilement prononçable dans toutes les langues, c’est sans doute l’une des clés du succès, le nom de Pommard à fait le tour du monde. L’appellation compte aujourd’hui un peu plus de 300 hectares en production, entièrement plantés en pinot noir, en village et premiers crus. L’appellation ne comprend pas de grand cru.
La renommée s’est malheureusement assortie d’un recul qualitatif. Dans les années 70 et 80, au fur et à mesure que se développait la commercialisation des vins, à l’exportation notamment, les producteurs se sont laissés aller... Des milliers de bouteilles de pommard, diluées, sans âmes ni matières (conséquence de rendements pléthoriques) ont entaché l’image de l’A.O.C. Les choses se sont arrangées, timidement, au cours de ces dernières années, mais pommard reste encore une appellation à la qualité très hétérogène...
Le vignoble se divise en deux parties séparées l’une de l’autre par une large combe centrale. Dans la partie nord de l’appellation, côté Beaune, les premiers crus s’expriment surtout sur le registre de la finesse et du mœlleux. Le fleuron de la zone a pour nom les Grands-Epenots (10,15 ha). L’élégance s’accompagne alors d’une belle solidité. Le clos-des-Epeneaux (5,23 ha) est une enclave à cheval entre les Grands-Epenots et les Petits-Epenots (15,15 ha). Le clos appartient en monopole au domaine du Comte Armand et constitue tous les ans l’une des plus belles cuvées du village. Aux commandes figure un jeune vigneron...québécois, Pascal Marchand. D’autres premiers crus peuplent cette colline : Clos-Blanc, en l’Argillière, Pézerolles, les Sausilles, etc.
C’est côté sud, en direction de Volnay, que l’on trouve les premiers crus les plus naturellement charpentés du village. Parfois la matière des vins confine même à une certaine austérité, surtout dans les premières années de bouteille. La partie basse des Rugiens (5,85 ha) est la « tête de cuvée » de ce côteau. Les belles cuvées des Rugiens-Bas ont toutes les dotations d’un grand cru : une couleur soutenue, une très grande puissance matinée d’élégance, le tout en équilibre, avec une aptitude innée pour la longue garde. Surtout ne pas se précipiter pour déguster un rugiens... D’autres premiers crus de ce côteau sud méritent d’être cités : les Jarolières, les Chaponnières, les Fremiers, les Croix-Noires, etc...
Détail important, la réglementation sur les premiers crus délimite clairement les terroirs des Rugiens-Bas, Rugiens-Hauts, Grands-Epenots et Petits-Epenots. Pourtant, sur les étiquettes, la plupart des producteurs n’utilisent que les termes Rugiens, Epenots et parfois Grands-Epenots, mais jamais les mentions Petits ou Bas, jugées (commercialement) péjoratives ; une tolérance de l’administration peut-être, mais aussi une certaine forme de tromperie du consommateur. Nous maintenons, en effet, que les terroirs des Grands-Epenots, du Clos-de-Epeneaux et des Rugiens-Bas possèdent des potentiels supérieurs à ceux des Rugiens-Hauts et Petits-Epenots. Au consommateur de goûter, de comparer, d’interroger et de faire preuve de prudence dans ses choix.
L’appellation village est aprfois déclinée avec le nom du lieu-dit : Perrières, Noizons, les Cras, les Vignots, la Combotte, le Clos-du-Pavillon (monopole de la maison beaunoise Bichot), etc.