Faiveley et son corton

La délimitation des appellations corton et corton-charlemagne ne s’est pas toujours faite dans le calme. Ainsi, dans les années 20 et 30, discussions musclées, procès et contre-procès ont opposé les propriétaires d’Aloxe, désireux de maintenir l’appellation corton dans les limites de leur village et ceux de Pernand et Ladoix, demandant eux une part du gâteau. L’épisode corton Clos des Cortons Faiveley est l’un des plus savoureux. Ce clos ne figure sur aucune carte du vignoble et il s’agit bien, pourtant, d’une parcelle reconnue officiellement dans le lieu-dit le Rognet et Corton. La parcelle fut acquise en 1864 par la maison Faiveley, à Nuits-Saint-Georges. Rien à signaler jusqu’en 1930, date à laquelle le syndicat des cortons décida de placer l’affaire devant les tribunaux, arguant du fait que le terme de Clos des Cortons donnait l’impression que le corton était un clos appartenant exclusivement à la maison Faiveley. Le 25 juin 1930, le tribunal de première instance de Dijon conclut « qu’afin d’éviter toute confusion avec d’autres lieux-dits du corton, le terme de Clos des Cortons devrait à l’avenir être suivi du nom de Faiveley ». Le jugement fut définitivement ratifié par la Cour de cassation (instance suprême de juridiction française) le 23 novembre 1937. Le Clos des Cortons Faiveley était né, pour le plus grand bonheur de la maison Faiveley qui peut aujourd’hui arguer du fait qu’elle est la seule, en Bourgogne, à avoir son nom accolé à celui du vin, grand cru de surcroît. Un argument commercial de tout premier ordre...

Légende : Le château de Corton-André, à Aloxe-Corton.

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