Nuits de gel

La position très septentrionale de Chablis en fait l’un des vignobles français les plus exposés au gel de printemps, avec la Champagne. Avril et mai, quand la vigne commence à se réveiller, sont des mois de « nuits blanches » pour les Chablisiens ; des années de gel comme 1945, 1957, 1961, 1988, 1991 et 1994 restent dans toutes les mémoires. En pleine nuit, les vignerons sont avertis du danger par une sirène reliée à la station météorologique d’Auxerre. Ils s’empressent alors d’aller mettre en action les systèmes de protection qui, à ce jour, couvrent plus de 700 hectares, sur les 4 000 que compte le vignoble. Les grands crus et les premiers crus sont les plus protégés. Les premières protections sont apparues au début des années soixante. Deux techniques dominent : les chaufferettes et l’aspersion d’eau. La première consiste en de petites chaufferettes allumées au milieu des vignes et qui réchauffent l’atmosphère. Avec la seconde, l’eau pulvérisée sur la vigne gèle si la température descend trop bas. Le bourgeon naissant est ainsi emprisonné dans un manchon de glace, à 0 °C, alors que les dégâts du gel n’interviennent qu’à partir de -1,5 °C environ. L’efficacité des deux procédés est avérée jusqu’à -5 °C.

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