Mettre en relation vignerons, vendeurs de vins en vrac et négociants-éleveurs, acheteurs de ces vins... Les courtiers de campagne, en Bourgogne, jouent un rôle important sur le marché régional des vins de Bourgogne. Discrets, peu nombreux - une cinquantaine en Côte-d’Or, un quinzaine en Mâconnais/Beaujolais -, ils sont au coeur des transactions commerciales. En Côte-d’Or, 70 à 80 % des volumes de vins échangés entre vignerons et négociants passent par l’entremise d’un courtier.
Le courtier est un connaisseur sans rival du vignoble. Il connaît toutes les caves, les styles de vins élaborés par chacun. Il s’agit de fournir le bon échantillon au bon négociant. « Tel négociant recherche des vins concentrés, tel autre préfère des vins fins. Je sélectionne les échantlilons selon l’acheteur potentiel », explique un courtier. Si le négociant accepte l’échantillon, le courtier est l’intermédiaire entre le vigneron et le négociant pour fixer le montant de la transaction. Un rôle délicat qui, souvent, catalyse le mécontentement. Il est accusé de faire flamber les cours ou de les faire chuter. C’est selon. Plus justement, il est entre le marteau et l’enclume, pris par la loi de l’offre et de la demande qui fait varier les cours selon la santé économique des marchés. Si les courtiers échantillonnent le plus souvent en vins - logés en tonneaux ou en cuves - du dernier millésime, les transactions qu’ils conduisent peuvent porter sur des raisins, des moûts ou encore des vins en bouteille. La rémunération des courtiers de campagne est partagée : 3 % du montant de la transaction versé par le vigneron, 2 % par le négociant. Le courtier est garant de la conformité du vin livré avec l’échantillon fourni.
Pour être courtier, le postulant doit passer un examen qui juge les connaissances oenologies, réglementaires, et la capacité à déguster du candidat.
La profession de courtier est très ancienne. A Beaune, les premières traces de l’existence des "courtiers gourmets" datent de 1375. Ils étaient les intermédiaires entre les vendeurs de vin de Beaune et les acheteurs extérieurs à la ville. Ils attestaient que les vins étaient "bons et loyaux".