Volnay, de l’élégance, mais pas seulement

Ce n’est pas une maison bleue accrochée à la colline où on ne viendrait qu’à pied, mais un petit village vigneron accroché, agrippé même, à son coteau, et où on peut venir en voiture, en moins de 10 minutes depuis le centre-ville de Beaune. Depuis le début du siècle, Volnay a peu changé d’aspect et de taille. Il n’a pas de place pour cela.

Les vins de l’appellation ont une dominante élégante, mais avec d’importantes nuances et surtout une confusion à ne pas faire entre maigreur et finesse. Cette dernière n’exclut également pas le vieillissement… Nous gardons bien présent en mémoire deux volnay – Caillerets 1929 et Santenots 1865 – étonnants de complexité et de fraîcheur. Le vignoble de volnay couvre 213 hectares, dont 126 sont classés en premiers crus*. Ils sont au nombre de 30, dont huit de moins d’un hectare. Parmi eux, quelques “stars” : Caillerets, Clos des Chênes, Champans, Taillepieds, Frémiers, Santenots, Clos de la Bousse d’Or, Clos des Ducs… Tous correspondent également à différentes zones de production du village (cf. carte). Du nord au sud, Frémiets touche Pommard, où l’on retrouve le nom, mais dans une autre orthographe : Frémiers. C’est l’un de ceux qui se rapprochent le plus de l’image “stéréotypée” des volnay : finesse, élégance et féminité. Au-dessus des Frémiets, les Pitures Dessus et le Clos des Ducs ont au contraire beaucoup de robustesse, de densité, avec un surcroît de finesse pour le Clos des Ducs. Sous les Frémiets : les Angles, les Brouillards et les Mitans, s’expriment dans le même registre fin et délicat qu’en Frémiets avec moins de complexité. Juste sous le village s’étalent plusieurs petits clos, par la taille, dont les plus connus sont le Clos de la Barre et son voisin immédiat, le Clos de la Bousse d’Or. Au sud du village arrivent les premiers crus les plus “vastes” de Volnay. Taille-pieds et le Clos des Chênes se succèdent sur un long coteau qui vient s’échouer à la route départementale Beaune-Autun. Bien nés et bien élevés, ces vins se caractérisent par la puissance et le soyeux. Le Clos des Chênes jouit d’une réputation supérieure. A l’est de la route départementale : Champans, les Caillerets et les Santenots. Caillerets est souvent considéré, à l’instar de Frémiets, comme l’archétype du volnay rond, complet, très élégant. Les vins de Champans bénéficient souvent d’un peu plus de “mâche”, avec moins de finesse. Les Santenots sont particulier en ce sens que l’appellation se trouve sur la commune de Meursault. En pinot noir, le producteur a droit à l’appellation volnay Santenots, en chardonnay, selon les parcelles, aux appellations meursault premier cru, meursault Santenots ou meursault. Quand on parle des vins de Volnay, on pense souvent à la finesse et l’élégance mais certains possèdent du caractère et appellent des plats goûteux. Le caractère serré des 2001 amène à les accorder avec, par exemple, une selle d’agneau aux épices. Avec davantage de rondeur, les 2000 demandent d’autres choix ; un carré de veau au navet ou encore une pintade rôtie. Les 99 sont sérieux et aiment à côtoyer des plats telle qu’une estouffade de boeuf aux carottes. Harmonieux, les 97 sont à conseiller sur un suprême de poule aux pleurotes ou des côtes d’agneau grillées. Assez rigides pou leur âge, les 95 et les 93 s’affirment encore avec une trame tannique soutenue qui demande des plats en sauce. Plus légers, les 94 et les 92 sont à boire sur une pièce de veau braisé ou un filet mignon de porc sauce crème. Plus vieux, la générosité d’un 88 ou d’un 83 se marie bien avec une charlotte de canard colvert. Un peu oublié, 91 reste un beau millésime qui va bien avec une rognonnade lié au sang ou un paleron de boeuf mariné au vin. Mais Volnay ne serait rien sans les hommes de l’appellation : les “leaders” historiques ou récents – de Montille, d’Angerville, Lafarge, Voillot, Henri Boillot – et les “jeunes loups” réunis depuis quelques années autour de cycles de dégustation où l’on se dit les choses en face. Le facteur humain a toujours été prépondérant, dynamique et il continue de l’être, permettant ainsi à l’appellation de faire partie des “stars” de la Bourgogne. *Chiffres source BIVB

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