Saint-Romain est une appellation de la côte de Beaune qui a su tirer son épingle du jeu et qui possède beaucoup d’atouts pour séduire. A commencer par des vins blancs de qualité, évoluant dans le registre de la minéralité et qui conservent toujours une fraîcheur et une vivacité qui signent leur terroir.
Le site est magnifique. Des falaises blanches et grises, hautes de quarante mètres, barrent l’horizon vers l’ouest. Sur un kilomètre de long, elles forment ainsi un cirque rocheux très ouvert. Mais au pied de ces falaises, point de vignes ; ou si peu ! Seulement quelques arpents destinés à l’élaboration du passe-tout-grains ou de bourgogne grand ordinaire (BGO), des prés, des bois et le village. Les vignes, celles qui donnent toutes leurs qualités aux saintromain, rouges ou blancs, sont plus à l’est, isolées du village par un éperon rocheux sur lequel est construit Saint-Romain-le-Haut. Cette déchirure dans les terroirs de Saint-Romain est le résultat d’un système de faille impressionnant. Des failles qui marquent également la limite entre hautes-côtes de Beaune et côte de Beaune. D’où, très souvent, des quiproquos. Saint-Romain est-il dans les hautes-côtes ou bien dans la côte de Beaune ? Les terroirs de Saint-Romain sont dans le prolongement même de ceux d’Auxey-Duresses, de son hameau Melin. C’est d’ailleurs à ce titre que la commune a obtenu l’appellation village en 1947. Mais encore dans les années 90, des cartes situaient Saint-Romain dans les hautes- côtes, au grand dam des vignerons ! Aujourd’hui, le village a réintégré ses limites d’origine. Reste des vins rouges ou blancs, d’un rapport qualité- prix formidable, aux arômes particuliers, bien typés. Saint-Romain est surtout connu pour ses vins blancs. Le chardonnay trouve ici son terroir argilocalcaire de prédilection. L’altitude et le climat y sont aussi pour quelque chose. Saint-Romain est, en effet, le village le plus haut de la côte de Beaune avec des vignes qui s’étagent entre 300 mètres, pour celles contiguës au vignoble d’Auxey- Duresses, à 430 mètres pour celles qui grimpent jusqu’à Saint-Romain-le- Haut. Et qui dit altitude dit températures plus fraîches et maturité des raisins plus difficile à atteindre. Le chardonnay, cépage des vins blancs de Bourgogne, étant moins exigeant que le pinot, cépage des vins rouges, ce climat explique la place des vins blancs à Saint-Romain. De plus, Roland Thévenin, poète mais aussi vigneron et négociant -c’est lui le père de l’appellation saintromain-, installé au village, n’achetait que des vins blancs. Il avait tout compris. Les vignerons alors, ne plantaient que du chardonnay. Le pinot noir a regagné du terrain durant les dernières décennies. Mais aujourd’hui, face à la forte demande en vin blanc de Bourgogne -les grandes voisines de Chassagne- Montrachet, Saint-Aubin, Puligny-Montrachet et Meursault peinant à satisfaire la demande mondiale-, lorsqu’une vigne est plantée, c’est en chardonnay. Les saint-romain blancs sont d’une couleur jaune pâle avec des reflets verts. Généralement, ils ont des arômes prononcés de fleurs blanches, rehaussés de notes minérales ; pierre à fusil diront certains. Ils sont moins gras que les meursault et souvent, en fin de bouche, ils présentent une belle fraîcheur vive. Ils se boivent généralement entre 4 et 8 ans. "Plutôt jeunes en tout cas" estime un vigneron de l’appellation. Les rouges ont eux une couleur d’intensité moyenne. Les arômes sont ceux, classiques, des pinots noirs de Bourgogne : fruits rouges, cerise, voire cassis lors des années ensoleillées. Ils ont une belle structure tannique que souligne une certaine fermeté des vins dans leur jeunesse. Ils sont à boire entre 5 à 10 ans. L’appellation saint-romain ne possède pas de premiers crus. Pourtant, des vignerons revendiquent des noms de climats sur leurs étiquettes. Sous-le-Château et Sous-la-Velle sont des climats superbes qui s’étendent, plein est, au pied de Saint-Romain-le-Haut. En face de ce coteau, exposé à l’ouest deux climats se révèlent : Sous-Roche et Combe-Bazin. L’exposition favorable permet la bonne maturité des pinots. Près d’Auxey, le Jarron, ainsi que près du hameau de Melin, en Poilange et la Perrière sont des climats fréquemment revendiqués. Le village a fait réaliser des études de sols et déposé un dossier auprès de l’INAO afin d’obtenir le classement en premier cru de certaines parcelles. Une démarche de longue haleine qui pourrait se traduire, dans plusieurs années, par la promotion des climats les plus "qualitatifs".