Pour beaucoup d’amateurs de vins, Puligny-Montrachet rime avec grand vin blanc de Bourgogne ; c’est aussi simple que cela, et la plupart du temps justifié. Sur les 200 hectares du vignoble en production, 97 % sont consacrés aux vins blancs ! Découverte d’un vignoble mythique, convoité, diversifié et exigeant.
C’est en 1880 que Puligny a eu le droit, comme beaucoup de villages bourguignons, d’ajouter à son nom celui de son terroir le plus fameux. Puligny devint Puligny- Montrachet. Il est d’abord célèbre dans le monde pour ses grands crus, mais Puligny possède également une gamme de villages et surtout de premiers crus que beaucoup lui envient. Impossible d’engager un article sur Puligny sans parler du phénomène naturel qui a conditionné tout le développement du vignoble. Si dans le village les caves ne descendent guère en dessous d’un mètre sous terre, c’est parce que plus bas les pieds baigneraient dans l’eau. Une nappe phréatique coule sous Puligny, en "épargnant" les villages voisins de Chassagne-Montrachet (au sud) et Meursault (au nord). Les terroirs classés en appellations village et premier cru représentent environ 200 hectares en production, dont 97 % en vins blancs ! Les premiers crus sont réputés de longue date puisqu’un catalogue des vins à vendre édité par le syndicat viticole au début des années 20 faisait déjà référence aux Folatières, Champ Canet, Clos de la Pucelle, Referts, etc. Les premiers crus les Folatières, les Combettes, les Pucelles et le Cailleret s’étendent de part et d’autre de la route qui passe entre les grands crus, montrachet et batard-montrachet. C’est là que les terroirs bénéficient du meilleur équilibre entre les sols maigres et calcaires du haut de pente, propice à la production de vins fins, vifs, minéraux, parfois un peu maigres et les sols plus argileux du bas de pente, donnant des vins en puissance, mais avec parfois de la lourdeur et un manque de finesse. Les Pucelles et le Cailleret bordent directement les grands crus et figuraient d’ailleurs au même niveau dans les classements antérieurs aux appellations d’origine contrôlée (1935/1936). Ce dernier s’exprime avec beaucoup de finesse et de minéralité, alors que les Pucelles a plus de gras, de richesse et d’opulence. Ce sont des vins structurés mais avec aussi beaucoup d’élégance. Folatières est le plus vaste (environ 20 hectares) et l’un des premiers crus les plus connus de Puligny. La partie basse produit des vins de grande race. Le haut était encore en friche aprèsguerre faute de moyens mécaniques pour planter la vigne sur la roche, faute également de porte-greffe pouvant s’acclimater sur un sol aussi calcaire. Le dessus des Folatières n’a été replanté qu’au début des années 60. Les vins du haut sont marqués par leur sol maigre et calcaire. Ils n’ont généralement pas la même densité de matière ni la même complexité que ceux du bas. Les Combettes bordent le haut des meursault Charmes. Ce climat donne des vins superbement équilibrés, entre délicatesse et opulence. C’est là que l’on trouve le meilleur rapport entre argile et calcaire. En dessous de la route des grands crus, sur des terrains plus argileux, plus profonds, Clavaillon et Referts, climats en forme de "cuvettes" donnent des vins massifs, consistants, voire lourds si l’année est concentrée. En Perrières, pourtant à côté des Referts, mais sur un sol différent, plus filtrant, les vins changent, gagnent en minéralité et en finesse. Au-dessus de la route des grands crus, le Hameau de Blagny, les Chalumeaux et la Truffière sont déjà des terroirs de haut de coteau, plus calcaires. Les vins sont dominés par la minéralité et la vivacité. Les vignes de Champ-Canet touchent les meursault Perrières et on peut déguster dans les Champ-Canet de superbes bouteilles délicates, denses, avec juste un peu moins de matière qu’en Combettes. Les climats la Garenne, Champ Gain et Sous le Puits sont situés tout en haut du coteau, 100 à 150 mètres environ au-dessus de la route des grands crus. Les maturités, jamais très élevées, combinées à des sols très calcaires et arides favorisent la production de vins minéraux, fins et vifs. En appellation puligny-montrachet village, d’importantes nuances existent également entre les terroirs, qui conservent cependant un fond minéral de base. Et les rouges dans tout cela ? Encore bien présents il y a une quarantaine d’années un peu partout dans le vignoble – en Clavaillon, Referts, en bordure de Chassagne, vers le Hameau de Blagny et même en Cailleret, le pinot noir a doucement mais sûrement reculé à partir des années 70 devant le "boom" international pour les vins blancs. Il ne subsiste aujourd’hui que 3,70 petits hectares.