Des vins séduisants, dont la qualité n’a cessé de progresser, vendus à des prix raisonnables : l’amateur de vins de Bourgogne a toutes les raisons de s’intéresser à Savigny.
Situé à l’entrée de la combe de la Fontaine- Froide, vallée charmante irriguée par le Rhoin, Savigny- lès-Beaune figure parmi les plus beaux villages de la côte viticole. Pittoresque à souhait avec son château qui date du XIVe siècle et son église coiffée d’un magnifique clocher roman. Le village de Savigny bénéficie d’une situation en V plutôt originale sur la côte. Niché en plein centre de sa combe, il se trouve en effet au milieu de deux “Savigny viticoles” : celui du côté Pernand- Vergelesses et celui du côté Beaune/Mont Battois. Le premier coteau, à exposition plein sud, au sol calcaire et caillouteux, donne naissance à des vins plutôt minéraux, élégants, fins et fruités, avec beaucoup de parfum. C’est de ce côté-ci que l’on trouve des premiers crus tels que aux Vergelesses, les Lavières, aux Guettes et aux Serpentières. Le deuxième coteau, à exposition est/nordest est constitué de sols plus sablonneux. Les vins sont en général plus charpentés, riches, gras et concentrés. On y trouve notamment les premiers crus la Dominode, les Narbantons, les Jarrons, les Marconnets et les Peuillets. Arômes de violette et de fruits, rouges et noirs En dépit de ces expositions et de ces sols de natures si différentes, il se dégage toutefois un point commun entre tous les vins de l’apl’appellation savigny-lès-beaune et surtout entre la vingtaine de premiers crus. Finesse, élégance, charme et des parfums capiteux constituent la marque de fabrique. Savigny fait des vins que l’on caractérise souvent comme des vins parmi les plus faciles à boire de Bourgogne. Il faut relativiser ! De bons vignerons parviennent à faire des vins de caractère et des vins de grande garde. Globalement, les vins restent toutefois des vins tendres, féminins, des vins fruités. A Savigny, il faut jouer la carte de la délicatesse, du fruit et de l’équilibre. Savigny village viticole, village historique et culturel également, date de l’époque gallo-romaine. Comme plus ancien témoin de cette période, une voie romaine bien conservée se trouve vers Beaune et le Mont-Battois. Plus près de nous, le clocher roman de l’église date du XIIe siècle. L’histoire de Savigny est également riche des cuvées de Savigny-lès- Beaune proposées annuellement à la vente des vins des Hospices de Beaune. En 1844, Denis-Antoine Fouquerand fait don à l’Hôtel- Dieu de vignobles. La cuvée Fouquerand était née. La famille Forneret, de Beaune, a également légué un domaine, situé sur Savigny et Pernand- Vergelesses. La cuvée porte toujours le nom de la famille. Enfin, en 1936, Arthur Girard a légué une partie de ses biens aux Hospices, donnant naissance à la cuvée du même nom. Savigny doit beaucoup au Comte de la Loyère L’esprit d’invention des viticulteurs du village dans la deuxième partie du XIXe siècle est moins connu que les vins. Aujourd’hui encore, Savigny et la Bourgogne doivent beaucoup au Comte de la Loyère, propriétaire du Château à l’époque et président du comité de viticulture de Côte-d’Or de 1854 à 1879. Le Comte a ainsi effectué à Savigny les premiers essais d’une plantation de la vigne en ligne droite, avec palissage. Dans la continuité logique de ce nouveau système de culture, le Comte va inventer l’outil pour travailler dans les rangs de vigne, la charrue. Elle est présentée à l’Exposition universelle à Paris en 1867.