Mercurey, un fleuron de la côte chalonnaise

Terminés les complexes ! Aujourd’hui, l’appellation Mercurey propose des vins ambitieux avec un rapport qualité-prix exceptionnel. Après 40 ans d’augmentation régulière de la production, mercurey est devenue, en vins rouges, la plus importante A.O.C. village de la côte chalonnaise… et de Bourgogne.

Torturé, cassé, plié dans tous les sens, le vignoble de mercurey, en côte chalonnaise, offre un aspect très différent de la plupart des villages voisins de Côted’Or. Aux expositions uniformes, rectilignes, “monotones”, diront certains, de la côte, Mercurey oppose une succession de petites collines, de “mini-combes”, de pentes sévères ou plus douces. Bref, le relief est tourmenté et l’explication géologique ! À Mercurey en effet, un peu comme dans toute la Bourgogne d’ailleurs, le terroir argilocalcaire s ’ é t a g e sur des coteaux dont la ligne générale est exposée à l’est. Mais le plissement jurassique, contrairement à ce qui s’est passé en côte de Beaune et côte de Nuits, a été contrecarré par l’extrémité du massif primaire du Morvan, d’où ces multiples fractures, expositions et effleurements variés. Avec plus de 600 hectares en production sur les deux communes de Mercurey et Saint-Martin-sous-Montaigu, et ses 28 000 hectolitres de récolte moyenne annuelle (trois fois plus qu’en 1960), mercurey est aujourd’hui la plus étendue des A.O.C. village de Bourgogne, en rouge. Dans les années 50, des domaines extérieurs à la commune se sont intéressés au développement du vignoble pour diverses raisons : prix du foncier beaucoup plus abordable qu’en Côted’Or, vastes superficies vierges, etc. Entre 1950 et 1965, ces domaines ont défriché, planté et véritablement placé l’appellation sur les rails. Cette période explique d’ailleurs la physionomie très contrastée, encore de nos jours, du vignoble de mercurey. On y trouve le petit domaine de quelques hectares, comme le “géant” de plusieurs dizaines. Autre facteur déterminant dans le développement du vignoble, le négoce- éleveur. Présent de longue date sur le marché des mercureys, il a développé son intérêt pour l’appellation dans les années 70, au fur et à mesure qu’augmentait la production. La plupart des grandes maisons bourguignonnes proposent aujourd’hui un ou plusieurs mercureys sur leurs tarifs. L’appellation mercurey compte 32 premiers crus dont 5 sur Saint-Martinsous- Montaigu, installés à mi-coteau. Les villages occupent les sommets et bas de coteaux. Le sous-sol de certains premiers crus, composé de marnes assez profondes, donne les vins les plus charpentés (les Velays, le Clos du Roi, Clos Barraud). Ailleurs, quand le sol devient plus aride, caillouteux, les vins sont plus souples, tout en finesse (les Sazenay, les Champs-Martin, les Croichots). Entre les deux, toute une palette de nuances se décline, avec une grande aptitude au vieillissement. Hier fortement décriée et aujourd’hui encore hétérogène, la réalité qualitative des vins de Mercurey a toutefois beaucoup évolué et progressé au cours des années 90, sans délire sur les prix. L’évolution des techniques et l’arrivée massive d’une jeune génération de vignerons ont beaucoup joué. Plutôt que de chercher à se comparer à d’autres, ces derniers préfèrent jouer la carte de l’identité de leurs vins. Ainsi, les sols blancs et calcaires, rouges et argileux, font aujourd’hui l’objet d’une étude géo-pédologique qui délivrera un diagnostic à partir de 45 trous creusés dans les différents terroirs. L’ordonnance a été délivrée par L’Union des producteurs de Mercurey, présidée par Laurent Juillot : “Cette étude doit nous permettre d’éditer une carte des sols afin d’expliquer aux clients la diversité de nos vins. Elle servira également à réviser l’appellation en affinant les délimitations des premiers crus et, pourquoi pas, en définissant une zone de grand cru”. Le Clos des Barraults et les Montaigus en pinot, la Mission en chardonnay, pourraient répondre à cette attente. Car si les rouges solides et charpentés, à la richesse tannique enrobée, ont fait la réputation de Mercurey, le chardonnay, produit sur une quinzaine d’hectares en premier cru, donne aussi des vins blancs d’une grande finesse. *Chiffres source BIVB

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