Avec ses maisons coiffées de tuiles rondes, ses galeries qui courent le long des façades, ses églises romanes et ses collines ventrues couvertes de vigne, le Mâconnais a déjà des accents méridionaux. Terroirs de qualité, respect des sols et sérieux dans les vinifications sont à l’origine de vins à découvrir absolument !
Le vignoble du Mâconnais occupe une vaste zone de près de 6 000 hectares, entre Tournus, Mâcon et Cluny, en Saône-et-Loire. A l’exception du petit dernier viréclessé, les crus – pouillyfuissé, pouilly-loché, pouilly-vinzelles et saintvéran – sont concentrés dans la partie sud. Partout ailleurs, c’est le royaume des mâcon blancs, des mâcon rouges, des mâcon supérieurs, des mâcon villages et des mâcon suivis du nom de commune. Une hiérarchie compliquée pour des vins qui le sont beaucoup moins. Cette région est d’abord une très grosse productrice de vins blancs. Une bouteille sur trois de vin blanc de Bourgogne en est issue ! Pourtant, la vigne qui s’est développée sous l’impulsion des moines de l’abbaye de Cluny fournissait majoritairement des vins rouges jusque dans les années cinquante. Mais sous l’influence de la demande commerciale, la tendance a largement changé. Le gamay ne représentant, aujourd’hui, plus que 650 hectares environ. Les rouges issus du cépage gamay prennent généralement leurs marques sur un socle cristallin fait de granite en décomposition. C’est le secteur autour de Pierreclos, Bussières et Serrières qui fournit les meilleures cuvées. Après une courte pause au sud de la côte chalonnaise, la vigne réapparaît aux abords de Tournus. Largement implantés (3 192 hectares), les mâcons représentent l’un des plus grands blocs d’appellations de Bourgogne. Celui-ci forme une immense mosaïque qui s’étend sur 43 communes pour les blancs et 12 pour les rouges et les rosés. La densité de plantation y est plus faible qu’en Côte-d’Or avec seulement 7 000 pieds par hectares, contre 10 000 pieds. Les reliefs sont variés avec une altitude qui monte jusqu’à 350 mètres. Ils suivent trois grandes formations géologiques qui se répètent d’ouest en est. Les quelques rivières ont creusé de petites vallées qui permettent de trouver des expositions très favorables orientées au sud. Mais ce sont principalement les larges versants est qui composent ce site particulièrement approprié au chardonnay. L’essentiel du Mâconnais repose sur des terroirs sédimentaires. Deux types de terroirs prédominent : les terroirs calcaires ou calciques, terrains privilégiés du chardonnay qui convient bien aux vins de garde ; et les terroirs siliceux, argileux ou sableux, plus tournés vers la production de vins à consommer jeunes. Les terroirs de basse altitude, souvent avec des sols limoneux à chailles, produisent les mâcon- villages et les A.O.C. régionales. La plupart des terroirs sont bien des terres à blancs. Le chardonnay trouve sa place sur des sols faits de mélanges argilo-calcaires proches de ceux que l’on retrouve en côte de Beaune. Les différences de dureté et de composition des roches, ainsi que l’exposition et l’altitude peuvent donner des vins très différents, où certains manquent réellement de caractère, alors que d’autres atteignent des niveaux étonnants. A noter, car c’est assez rare en appellations régionales, de nombreuses situations de coteaux dans les mâcon sont propices à la production de vins de grande qualité. Les mâcon-villages sont généralement des vins blancs assez légers, charmeurs et friands. Fleurs et fruits blancs caractérisent leurs arômes, une touche citron donne un peu de fraîcheur. Un vieillissement sous bois apporte une complexité des arômes et de la structure en bouche… pas toujours à l’avantage du vin qui perd alors un peu son âme de vin jeune, sa délicatesse et sa fraîcheur. Fût ou pas fût, question de goût. Dans l’immense majorité des cas, les mâcon-villages sont des vins blancs dont il faut se régaler dans leur jeunesse, avec une cuisine simple où les produits du terroir apportent l’originalité et procurent un moment de plaisir. Leur dégustation peut se faire à l’apéritif, ainsi qu’avec des charcuteries, des coquillages ou un fromage de chèvre sec de la région. Aromatiques et ronds, ils seront parfaits sur des terrines de poisson, une blanquette de veau ou un sauté de baudroie au curry. Les rouges eux, apprécient des accords autour des tripes ou d’un picatta de veau.