Santenay : La valeur sûre

Commune aux multiples facettes, Santenay, en côte de Beaune, offre une large palette de vins, rouges et blancs, d’excellents rapports qualité-prix.

Au sud de la côte de Beaune, voisine de Chassagne-Montrachet, la commune de Santenay se divise en trois parties : Santenay-le-Haut, Saint-Jean et Santenay-le-Bas. C’est une charmante localité qui vit au rythme de la vigne et du vin. Ses terroirs sont de qualité. Le finage de Santenay se répartit sur 400 hectares environ et voit naître en son sein 11 premiers crus qui se répartissent en 3 secteurs assez distincts. La première zone, exposée à l’est, s’appuie contre Chassagne et fournit les terroirs les plus réputés avec le Clos des Tavannes et les Gravières. Ces parcelles reposent sur un sol marno-calcaire composé de nombreuses chailles calcaires qui donnent des vins au caractère affirmé. On leur reproche parfois leur rudesse et un côté un peu massif dans les premières années. Mais après vieillissement, ils se révèlent beaucoup plus aimables. Dans le même secteur, mais plus haut sur le coteau, la Comme et le Beaurepaire reposent sur un terroir où la roche est davantage présente. Les vins offrent du corps, mais possèdent une finale généralement plus délicate. Au-dessus du village, le deuxième secteur prend forme en regardant l’est avec la Maladière et le Beaurepaire. Assis sur des calcaires fissurés recouverts d’une fine couche de marne, ils dévoilent des vins charnus de moyenne garde. Moins robustes que les Gravières, ils révèlent néanmoins une structure agréable. Des premiers crus charmeurs Au sud du village, le vignoble évolue autour de la Montagne des Trois Croix en prenant une exposition qui se dirige progressivement à l’est. Clos Rousseau, Grand Clos Rousseau et la Fussière trouvent ici leur place. Le coteau offre une pente assez douce et repose sur des sols beaucoup plus légers qui préparent au mouvement tourmenté et chaotique de la côte chalonnaise. Le sol moins favorable à la production de grands vins, ainsi que la disparition de l’abri aux vents est en partie compensé par une exposition au sud. Celle- ci permet aux raisins d’atteindre de bonnes maturités, particulièrement en année difficile. Certes, les vins n’atteignent pas la complexité des meilleures parcelles du village, mais les cuvées sont généralement plus aimables, et permettent de ravir les amateurs de vins charmeurs. Une jeune génération talentueuse L’appellation village forme une sorte de cordon qui entoure les premiers crus. Ils se positionnent à différentes hauteurs du coteau et sont assis sur plusieurs types de sols, ce qui rend la définition d’un profil difficile. Ils peuvent être tantôt puissants et robustes, tantôt fins et gourmands, mais toujours charnus et aromatiques. « À Santenay, les vignerons ont compris qu’il fallait travailler le fruit pour dompter cette dominante structurale, tannique et parfois rustique qu’avaient beaucoup de vins il y a seulement dix ou quinze ans », explique Véronique Girard, oenologue au Centre oenologique de Bourgogne, à Beaune. Beaucoup de producteurs ont revu leurs pratiques viticoles, investi dans des systèmes de réception de la vendange plus respectueux des raisins. Depuis le début des années 2000, l’arrivée d’une nouvelle génération a incontestablement accéléré les choses. Les santenay s’expriment dans un style concentré, coloré, généreux, qui en fait d’exceptionnels rapports qualité-prix dans la fourchette de 10 à 20 €.