Hier majoritairement "rouge", le vignoble de Chassagne- Montrachet est aujourd’hui partagé en pinot noir et chardonnay, avec même un avantage pour ce dernier. En plus de terroirs d’exception, l’appellation dispose de vignerons de renom et d’une jeune génération talentueuse, qui se préparent à accueillir la Saint- Vincent-Tournante en janvier 2010.
Les vins de Chassagne- Montrachet ont-ils un style ? D’aucun vous expliqueront que les chassagne-montrachet blancs sont souvent caractérisés par un côté élégant, vif, frais, plus fin qu’à Puligny et surtout Meursault, style renforcé par une tradition (bien réelle celle là) d’élevage court sur moins d’un an. D’autres vous assureront tout le contraire ! Rien d’alarmant à cela, Chassagne-Montrachet est simplement un village bourguignon qui "abrite" un grand nombre de vignerons, avec autant de façons de voir les choses et une mosaïque de terroirs. Pour les premiers crus blancs, on peut parler d’un style rond et charnu, mais avec des nuances. Le sous-sol est assez uniforme avec un calcaire oolithique assez dur. En surface, la qualité de la terre et sa profondeur amènent aux crus leurs spécificités. Plus d’une quarantaine de premiers crus est recensée. Toutefois, comme dans beaucoup de villages de Côte-d’Or, les premiers crus les moins réputés peuvent se commercialiser sous le nom d’un premier cru proche géographiquement et plus connu. Au final, une quinzaine de premiers crus monopolisent les étiquettes. Le Morgeot est un cas unique en Côte-d’Or dans cette politique de "porte-drapeau". Une vingtaine de lieux-dits peuvent se regrouper sous la bannière Morgeot. Ce climat est le plus répandu en premier cru du village. A noter que certains mentionnent sur les étiquettes le mot Morgeot, suivi du nom du lieu-dit d’origine ; exemple : les Morgeot Vigne Blanche et Morgeot Fairendes. La partie nord du village (Vergers, Chenevottes, Chaumées), en bordure de Saint-Aubin, se distingue par des vins fins, droits, élégants, minéraux, sans doute les plus faciles de Chassagne estiment certains. Au centre du village s’expriment les premiers crus la Maltroie, comprenant les 2 ha 70 ares du Clos de la Maltroye plantés pour moitié en blanc et moitié en rouge, et les Champs-Gains. Ce sont souvent là des vins dominés par la richesse, le gras et la concentration. Plus haut sur le coteau et en allant vers le sud, se trouvent les climats les plus réputés de Chassagne : en Cailleret, la Romanée et les Grandes Ruchottes. C’est ici qu’est souvent résolue la difficile équation : finesse + matière = grand vin. Enfin, la partie sud du village est largement occupée par le Morgeot et ses vingt "satellites". Plus de 50 hectares donc et, on l’imagine aisément, une très grande disparité qualitative. Schématiquement, les Morgeot situés au-dessus de la route de Santenay sont moins riches, mais plus fins et vifs que ceux situés en dessous, en rouge comme en blanc d’ailleurs. Cette partie sud est largement dédiée à la production de vins rouges puissants, de garde, particulièrement dans la zone Clos Pitios, Francemont, la Grande Borne, les Brussonnes, la Chapelle, etc. Au sommet de ce coteau "frontalier" avec Santenay, les Baudines et les Embazées produisent des vins blancs droits et élégants. Le village de Chassagne- Montrachet abrite trois grands crus : le montrachet et le bâtard-montrachet qu’il partage avec Puligny- Montrachet et la petite parcelle de 1,55 hectare de criots-bâtard-montrachet. L’appellation village trouve ses marques en dessous des premiers crus. Les blancs, répartis à la limite des premiers crus, donnent généralement de belles cuvées. Les rouges proviennent souvent de terroirs situés plus bas et sont loin de la classe des premiers crus. Côté accords met-vin, les chassagne-montrachet sont parmi les bourgognes blancs les plus corsés. Ils développent rapidement des notes de pomme mûre, d’acacia et de miel ; Ils méritent généralement de vieillir quelques années. Les 2001 sont très charmeurs aujourd’hui et permettent de jolis accords autour d’une viande blanche comme une volaille à la crème. Les 2002 s’appuient sur plus de finesse et de tension et on peut les marier avec un beau poisson à chair ferme servi avec une sauce riche, type sauce hollandaise. Un chassagne village 2003, aux notes d’agrumes et au corps harmonieux, est idéal pour escorter un ris de veau aux girolles. En rouge, les chassagne sont des vins de garde, équilibrés et bouquetés. Ils s’associent facilement à un pavé de Charolais, un gigot d’agneau ou un salmis de faisan.