Mai

- Cycle végétatif de la vigne : la vigne prend ses aises ! Le cycle végétatif se poursuit avec les stades " grappes séparées " (les grappes s’espacent et s’allongent sur la pousse) et " boutons floraux séparés " (vers la 10e feuille, apparition de la forme typique de l’inflorescence à grappe, dans laquelle les boutons floraux sont nettement isolés). La floraison approche...

- Ebourgeonnage et épamprage : les jeunes pousses parasites, nuisibles au bon développement des rameaux à fruits, et qui se développent sur le vieux bois du cep, sont supprimées manuellement. Le vigneron supprime également les " doubles bourres ", ou rameaux secondaires, qui gênent la bonne alimentation des pousses principales. Leur développement risquerait de nuire à l’ensoleillement et à l’aération des grappes. Un ébourgeonnage et un épamprage sérieux sont essentiels à une bonne maîtrise des rendements.

- Relevage : l’organisation de la végétation de la vigne se poursuit. Les branches qui commencent à s’étendre dans toutes les directions sont relevées au milieu du double fil tendu au milieu du palissage et resserré par des crochets.

- Traitements : les traitements de la vigne débutent vraiment avec l’extension de la végétation au mois de mai et se poursuivront tout l’été. Le vigneron bourguignon doit faire face dans une année à une quantité impressionnante de maladies, qui peuvent être causées par des champignons, des insectes et des acariens. Au rang des champignons, citons le mildiou, l’oïdium et la pourriture grise (botrytis cinerea), les plus " célèbres ", mais aussi l’eutypiose, l’esca, etc. Si l’année est " favorable " à ces champignons, les traitements peuvent se poursuivre jusqu’à fin juillet-début aôut. Mildiou, oïdium et pourriture grise s’attaquent aux feuilles et aux grappes. Ils sont à la fois dommageables en termes de quantités récoltées et surtout de qualité des raisins récoltés, donc des vins.

Insectes : tordeuses de la grappe, pyrale, cochenille, coupe-bourgeon, cicadelle, etc. Les plus courants, les tordeuses de la grappe, sont en fait les chenilles de deux papillons, le cochylis et l’eudémis, qui dévorent les boutons floraux de la grappe au printemps ou s’en prennent directement au raisin pendant l’été. En trouant le raisin, ces papillons favorisent une installation future de la pourriture.
Acariens : araignées rouges et jaunes (les plus courantes), érinose, acariose, etc. Les araignées rouges et jaunes sont de minuscules " petites bêtes " qui piquent les feuilles, entraînant ainsi leur dépérissement et une perturbation de l’action de photosynthèse.

Rappelons également qu’existent des virus (cf. " La sélection clonale ") véhiculés de cep en cep, dans le sol, par des nématodes (vers) et responsables d’un ensemble de maladies classées sous la désignation " dégénérescences infectieuses ".

Pour toutes ces maladies et vins, la solution chimique ne peut toujours pas être évitée, mais elle a clairement montré ses limites, et ce malgré l’amélioration des produits chimiques. De plus en plus se diffusent en Bourgogne de nouvelles pratiques (cf. encadré " Pour une autre viticulture), davantage basées sur une véritable réflexion scientifique que sur les réflexes mécaniques, incohérents, de la lutte chimique systématique.

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