Le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne faisait sa rentrée hier. Présentation de la récolte 2010, bilan et perspectives économiques.
« Je vais ouvrir le bal avec le millésime 2 010. » Le président du Bivd, Michel Baldassini, donne tout de suite le ton pour parer à la rumeur qui annoncerait une mauvaise cuvée : « le millésime sera bon », affirme-t-il. Et ce en dépit des conditions climatiques qui n’ont pas épargné les vignes.
Pour le président deux dates sont à retenir pour cette récolte. Le 19 décembre qui a vu le gel de cinq à dix pour cent du vignoble entraînant la mort de certains ceps et la non-production d’autres. Puis, le week-end du 19 juin, où les températures ont chuté à douze degrés. L’alternance de périodes chaudes et fraîches accompagnées de précipitations a perturbé la floraison. « Mais malgré ces enchaînements chaotiques, nous sommes agréablement surpris de la qualité de la récolte », constate M. Baldassini. En revanche, côté volume, la surprise est moins bonne. La quantité a été victime du climat et « nous payerons encore l’année prochaine, le gel de certains cépages ». Et ce, alors qu’un sursaut s’observe à l’export.
À la reconquête du monde
« 2009 a été une année horrible sur le plan économique, concède Pierre-Henry Gagey, président délégué du BIVB, nous avons même touché le fond, mais un redémarrage se fait sentir. » Amorcée fin 2009, les six premiers mois de cette année confirme une progression à l’export de 13 % en volume par rapport à la même période de 2009. Soit 38,8 millions de bouteilles pour un montant de 253 millions d’euros. En France, les ventes de vins sont restées stables et représentent un peu plus de 50 % du marché, même si la restauration et les cavistes ont diminué leurs achats. Mais pour P-H Gagey, « la situation est saine ». Si le volume des stocks à la viticulture en fin de campagne (août 2009 à juillet 2010) a grimpé de 10 % par rapport à la campagne précédente pour atteindre 1,47 million d’hectolitres, cela représente une année de récolte. Rien d’alarmant donc, pour le président délégué. Non seulement la récolte 2010 sera petite en volume, mais « le millésime 2009 ne restera pas longtemps en stock étant donné sa qualité et sa réputation ! »