L’augmentation de 20, 38% affichée lors de la 149e Vente des vins de Beaune alimente les conversations de la capitale des vins de Bourgogne. Les négociants n’ont plus la main.
Après la hausse surprise de 20, 38 % du prix moyen de la pièce de vin, les avis sont partagés à Beaune où cette augmentation n’a pas fait que des heureux. Les professionnels et notamment les représentants du BIVB (Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne) et des négociants avaient appelé à la baisse des cours. Comme Pierre-Henry Gagey : « Les vins des millésimes 2007 et 2008 ont été payés chers. Les clients demandent une baisse, il faut acquérir les 2009 moins chers. » Ou encore Louis-Fabrice Latour : « Dans le contexte de la crise, nous souhaitons une baisse importante... » Du côté de la Maison Bichot à Beaune, acheteur de 87 pièces (11% de la vente), son P-DG, Albéric Bichot, juge cette vente « merveilleuse pour les Hospices. » « C’est la charité qui a pris le pas et ce sont les riches particuliers qui ont acheté par le biais de Christie’s, qui a fait un énorme travail et qui s’est fortement investi en recrutant des "gros" clients », dit-il. « Cette augmentation ne reflète pas du tout le marché et nous sommes loin de la réalité des affaires », poursuit le professionnel en ajoutant : « Les prix ne sont pas importants. Ils sont même modérés puisque nous sommes en dessous de ceux de 2007. La clientèle de particuliers, c’est un autre monde. Mais cette vente reste une énorme surprise et un beau message pour les crus 2009. »
« La Vente n’est plus un baromètre »
« Le millésime 2009 a été salué comme il se devait et la Bourgogne saura en tirer profit pour ces merveilleux vins et son image », confie de son côté Jacques Boisseaux, P-DG de Patriarche à Beaune. « Après, il convient de mettre la vente dans son nouveau contexte, dans lequel les particuliers, c’est-àdire le consommateur, peuvent acheter directement et porter les enchères plus haut », argumente l’homme du vin, avant de conclure : « Par rapport à la situation économique internationale, la vente n’est plus le baromètre des vins de Bourgogne et la campagne d’achat des vins de 2009 devra tenir compte de la demande des circuits de vente classiques. »
GILLES MATHIEU