Les producteurs de saint-véran tirent leur épingle du jeu dans un contexte économique tourmenté. Ceux du pouilly ont davantage souffert.
Particulier. 65 % de l’aire d’appellation saint-véran sont vendus aux particuliers, laissant une faible part au négoce. Pouilly. Plus de la moitié des pouilly-fuissé sont vendus
à l’exportation, majoritairement vers les États-Unis.
Récession ne rime pas toujours avec moribond. Si depuis 2009 les vignerons du Mâconnais font le dos rond, les producteurs de saint-véran n’ont presque subi aucune tribulation à l’exportation.
Et pour cause : 65 % des 700 ha de l’appellation sont vendus aux particuliers. Les faibles volumes restants (8 à 12 000 hectos par an) ne permettent pas aux négociants de se lancer sur le marché américain. Une indépendance au dollar finalement heureuse, tant le marché américain s’est recroquevillé. « Nous exportons surtout vers l’Allemagne, l’Angleterre et le Benelux », déclare Frédéric Curis, président du cru. Des pays où le saint-véran s’exempte de la crise : « Sur le Royaume-Uni, nous sommes la 3 e appellation de Bourgogne la plus vendue, devant le chablis. Et nos prix augmentent de 3 à 4 % chaque année depuis cinq ans. » Un accroissement tarifaire à l’encontre des logiques économiques de 2009, que le président du cru explique par les faibles volumes du millésime 2008. La crainte de voir les stocks 2008 s’entasser au profit de la dernière production, jugée exceptionnelle, n’a donc pas lieu d’être sur les saint-véran : « Nous avons 9 mois de stocks, quelle que soit l’année. C’est-à-dire que pendant trois mois, nous n’avons plus rien à vendre. » Le président avoue tout de même un petit écart dû à la frilosité des marchés : « Les stocks s’étalent maintenant sur 10 mois, mais c’est sans importance, on ne boucle pas l’année. » Saint-véran, ce n’est pas l’Amérique, mais presque.