GÉRARD VITTEAUT Président de l’Union des producteurs et élaborateurs de crémant de Bourgogne.
Aujourd’hui, il existe encore six maisons qui font du crémant à Rully. Avec 10%de la production bourguignonne, le village de la Côte chalonnaise a un certain poids dans le monde viticole, même s’il n’est plus le plus gros producteur depuis le départ de la maison Veuve Ambal. Mais quand, dans le milieu professionnel, on évoque la commune, aussitôt la qualité apparaît. « Il y a des viticulteurs qui nous viennent nous donner du raisin pour que notre maison élabore du crémant pour eux », indique Gérard Vitteaut. Ce travail à façon est réalisé du Beaujolais jusque dans l’Auxerrois. Les professionnels le savent, à Rully, il y a des spécialistes. « Nous avons toujours envie de faire mieux que le copain. Cela favorise une émulation vers le haut », poursuit-il. La qualité est donc toujours au rendez-vous et justifie ce savoir-faire acquis au milieu du XIXe s. Il n’y a donc pas un crémant de Rully issu de cépage particulier, d’un terroir unique. On es t loin de l’image des grands vins de Bourgogne qui tirent toute leur puissance de la terre qui les voit grandir. C’est le travail de l’homme qui permet de transformer le raisin en crémant de qualité. La d é m a r c h e e s t t e l l e qu’aujourd’hui la vigne est cultivée dans le but de faire du crémant. La décision est prise en mars par les professionnels et non plus en juillet quand, sur certaines parcelles, les affres du temps avaient altéré la qualité du raisin. Le crémant n’est pas un vin de terroir mais pourtant Rully arrive à tirer son épingle du jeu commercial. Son crémant se retrouve sur les très grandes tables de part le monde. « Nous vendons notre vin dans des niches que sont les restaurants, les importateurs ou les particuliers », indique encore le viticulteur. Cette politique leur permet également d’avoir une position de force. Il faut bien l’avouer également : le négoce du crémant a été long à démarrer. Rully a su égalementmettre en avant son savoir-faire. En 1998, lors de la Saint-Vincent tournante, trois vins étaient proposés à la dégustation : le blanc, l e r o u g e e t l e c r é - mant. C’était une première.