Outil n° 1 : le viticulteur

Alain Hasard est viticulteur à Aluze. Depuis qu’il exerce sa profession, il a opté pour le vin bio. Un choix qui l’oblige à connaître la nature et à jouer avec elle.

Ni vigneron, ni Bourguignon. C’est comme cela qu’Alain Hasard se présente. Mais issu du monde viticole, car avant de devenir viticulteur à Aluze, il était sommelier et négociant en vins, du côté de Montpellier. « J’ai décidé de passer de l’autre côté de la barrière », indique-t-il. Mais en faisant un choix particulier : celui de lancer son domaine dans la certification bio. C’était en 1999.

Si Alain Hasard a fait ce choix, c’est d’abord pour des raisons personnelles. « Je me suis dit que je pouvais essayer de retrouver des pratiques plus simples et plus respectueuses de l’environnement. », précise-t-il. Il est convaincu du bien fondé d’éviter de mettre trop de produits dans la terre. Ce qui le fait travailler sans filet. « Toutes les erreurs faites sont payées cash », prévient-il. Une règle du jeu qu’il accepte.

Loin des conventions

Cultiver biologiquement sa vigne l’éloigne de l’agriculture traditionnelle, qui utilise de nombreux produits chimiques pour lutter contre les attaques que peut subir la vigne. « Il peut y avoir une certaine forme d’abus. Le programme de traitement est fixé à l’avance, et il offre une couverture totale. Il n’y a pas d’incertitude ni de surprise. C’est une tendance vers le risque zéro. Mais c’est une philosophie totalement différente de la mienne. Ici, on tue les microbes. Moi, je suis dans la vie », décrit-il. Au lieu de tuer les maladies, ces traitements servent à nourrir la plante pour l’aider à lutter contre les attaques.

Trois produits

Il ne faut pas croire non plus qu’un viticulteur bio n’utilise aucun produit. « Le but est d’éliminer les produits chimiques de synthèse. Moi, je traite avec de la bouillie bordelaise, du soufre et du lithothamne. » Mais surtout, il pratique l’enherbement. « L’herbe doit être gérée. Elle puise l’eau et l’azote dans le sol et permet de trouver un équilibre au niveau de la puissance végétative de la vigne. » Sauf que trop d’herbe consomme également les minéraux essentiels de la plante.

Observation intense

Réaliser une bonne culture bio nécessite donc de passer beaucoup de temps dans ses parcelles et d’observer la nature. « Il y a un vrai décalage entre ce que l’on apprend à l’école et la pratique elle-même », indique-t-il. Il faut particulièrement bien connaître son terroir. Chaque vigne réagit différemment en fonction de sa situation et de son historique. L’œil du viticulteur est donc primordial.

Vendanges

Lorsque l’équipe d’Alain Hasard se lance dans les vendanges, il y a un tri des raisins à réaliser. C’est le cas partout dans le vignoble sauf qu’en culture biodynamique, ce tri se révèle encore plus important, d’où un temps plus long dans les vignes. Cela conditionnera le travail en cave par la suite. « Je ne pratique pas la chaptalisation. Les levures utilisées sont toutes naturelles. Le seul produit que j’utilise est le souffre à très petite dose », termine-t-il. Chaque parcelle réagit donc à sa manière et la surveillance est accrue pendant la fermentation.

Au-delà de la simple restriction d’utilisation de produits phytosanitaires, produire du vin bio est une autre façon de voir la vigne. C’est finalement la nature qui dicte la ligne de conduite à suivre, qui demande des adaptations perpétuelles et qui soumet ses contraintes. Mais le résultat est le même : obtenir un bon vin. Qui se vend un peu plus cher.

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