Nuits : magique millésime !

La 49e Vente des vins du domaine des Hospices de Nuits-Saint-Georges, qui s’est déroulée hier, dans le cellier du château du Clos de Vougeot, restera comme l’une des plus grandes.

Record

Avec une augmentation record de 44,37 %, soit un prix moyen de 4 650 € le tonneau de 228 litres, l’effet millésime constaté lors de la vente de Beaune en novembre dernier s’est confirmé et renforcé.

« Nous avons eu énormément de demandes ces derniers jours. Il y a un engouement certain », confiait Jean-Marc Moron, en charge du domaine des hospices nuitons, et qui a réussi avec son équipe à concocter un millésime d’exception. Les acheteurs ne se sont pas trompés et ils ont allumé le feu. Dès le début de la vente, l’engouement s’est fait sentir avec un sacré coup de pétard. Les nuits 1er cru « les Murgers », cuvée Guyard de Changey s’envolaient à 5 900 € la pièce contre 4 100 € l’an passé. Coup de bluff ? Que nenni ! La suite confirmait bien que les amateurs voulaient du bon et ils n’allaient pas se faire prier pour se procurer le nectar.

Du coup de pétard, l’assemblée assistait à un feu nourri. On s’arrachait ces nuits étoilés et la hausse tutoyait les 50 %. Dans les celliers remplis comme jamais pour une Vente des vins, l’ambiance était perceptible. La maestria du président Yves Duteil et le dynamisme du commissaire- priseur, Me Herry, donnaient des ailes aux acquéreurs. Certaines cuvées se disputaient « au couteau » et on pouvait entendre quelques joyeux « on a gagné ! » parmi les enchérisseurs. Devant le parterre des politiques, bien fourni aussi, on ne se laissait pas aller à l’abstention.

Excitante

De mémoire de Bourguignon, on a rarement vécu une vente aussi excitante. Mais aurait-il été raisonnable de délaisser un produit de cette qualité ? Certainement pas, preuve que lorsque les vins sont bons, ils sont prisés. Avec 150 pièces à la vente, les professionnels ne s’attendaient vraiment pas à une hausse si importante. « L’an passé, c’était le contraire, les prix avaient baissé inexplicablement. Ce qui justifie aussi une partie de cette hausse importante », tempérait modestement Jean-Marc Moron.

Du côté des acheteurs, certains modéraient l’enthousiasme de leurs clients séduits par ce millésime de feu.

Les prix flambaient encore et un énième record tombait. Un lot de nuits 1er cru « Les Saint-Georges », cuvée des sires de Vergy était enlevée pour 7 600 € le fût.

L’entracte offert par Yves Duteil à l’issue de la mise aux enchères de la pièce de charité, n’altérait en rien la ferveur des enchères. Les bougies n’avaient pas le temps de refroidir.

Pas le reflet du marché

« Cette hausse ne reflète pas le marché (Ndlr : encore fragile) mais elle confirme un millésime d’exception », analysait un acteur de la manifestation qui, comme beaucoup de ses confrères, a été séduit par la qualité extraordinaire de cette année 2009, mais aussi, n’ayons pas peur de le rappeler, par le travail de toute l’équipe des hospices de Nuits.

Pour ce millésime magique, les enchères ne pouvaient pas mieux se terminer que par un feu d’artifice.

Le cours du nuits 1er cru « les Terres Blanches », cuvée Saint-Bernard de Cîteaux, explosait, tout comme les quatre pièces de vin blanc qui partaient à un prix moyen de 6 300 € et un bonus de 15,60 %. Après tout cela, Nuits ne pouvait être que douceur…

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