Pierre Beaubernard, viticulteur à Saint-Vérand depuis 13 ans, cultive les vignes du domaine de la Bâtie en agriculture raisonnée.
1971. L’appellation saint-séran a été créée il y a 39 ans.
La cérémonie d’intronisation s’est déroulée à Saint-Vérand. Nom. Le cru a pris l’ancien nom du village de Saint-Vérand,
qui ne prenait pas de « d » à l’époque. Superficie. L’appellation, qui s’étend sur 710 hectares, n’est produite qu’à partir du cépage chardonnay, typique du Mâconnais. Enjeu. Les viticulteurs de l’appellation ont entamé des démarches pour devenir un 1 er cru. Une première dans le Mâconnais.
Le saint-véran a bientôt 40 ans. Comme Pierre Beaubernard, viticulteur à Saint-Vérand, l’un des sept villages de l’appellation du cru Saint-Véran. Ce jeune viticulteur n’échappe pas à la règle. La moyenne d’âge des 372 producteurs du cru ne dépasse pas les 40 ans. C’est sans doute ce qui fait le dynamisme de l’appellation.
Régisseur du domaine de la Bâtie depuis 1997, Pierre Beaubernard appartient à cette frange de viticulteurs qui veulent faire bouger les lignes en innovant sans cesse. Lui a opté depuis longtemps pour l’agriculture raisonnée. Il utilise les produits avec beaucoup de rigueur et sans exagération. « Les vignes sont enherbées à 100 %, ce qui limite l’érosion, la vigueur et la pourriture ». Cette année, il a même décidé de tenter l’expérience du traitement au soufre et au cuivre sur un hectare de parcelle de saint-véran. « Je voulais faire un essai pour voir si j’étais capable de maîtriser la maladie avec ces produits. Je vais vinifier cette production à part pour analyser le type de vins que ça va me donner ».
Le domaine de la Bâtie compte 9,3 hectares de saint-véran et 4 hectares de beaujolais. Ces propriétés à la frontière de deux régions viticoles, Bourgogne et Beaujolais, ont souvent cette double casquette. Pierre Beaubernard la porte à merveille. Le domaine rafle d’ailleurs une multitude de prix lors des concours locaux et nationaux.
Côté vinification, le producteur maîtrise minutieusement les températures de ses cuves pour que les meilleurs arômes s’en dégagent. « Quand la levure travaille à froid, c’est là qu’elle donne le meilleur ». 15 % de sa production de saint-véran est mise en bouteille et vendue aux particuliers principalement. Le reste est réservé à la maison Duboeuf qui a soudé un partenariat avec le domaine en 1962… Il faut dire que la Bâtie a une longue histoire. Appartenant à Mme De Milly, qui possède également le château de Berzé-le-Châtel, le domaine remportait des prix lors des concours il y a déjà 100 ans. Comme ce diplôme obtenu en 1910 à l’exposition universelle que Pierre Beaubernard nous a montré fièrement.
L’avenir à Saint-Vérand
Son avenir, le viticulteur le voit ici, « car on peut encore progresser et faire mieux. Beaucoup de choses me tentent encore, comme essayer la vinification en fût de chêne ou la macération pelliculaire, qui nécessite de laisser reposer le raisin pendant 4 à 12 heures avant de le presser ».
Cette année, le domaine a déjà innové en proposant trois saint-véran distincts. Ces trois bouteilles correspondant à trois secteurs bien précis où sont cultivées les vignes. Comme d’autres viticulteurs du cru, le producteur se prépare au grand chantier du saint-véran : l’obtention du 1 er cru par l’INAO. Les démarches nécessitent en effet de cultiver des parcelles parfaitement délimitées sur toute l’aire d’appellation. Pierre Beaubernard, comme d’autres viticulteurs du cru a déjà une longueur d’avance dans le domaine.