Le troisième vin de Bourgogne n’a rien à envier aux autres

La Bourgogne est l’une des sept régions de France à pouvoir prétendre à l’appellation crémant. Et c’est à Rully, connu pour ses blancs et ses rouges, que le troisième vin est né.

 1826. Le premier vin effervescent de Bourgogne, 

appelé Fleur de Champagne, qualité supérieure, est élaboré. 17 octobre 1975. L’appellation d’origine contrôlée « Crémant de Bourgogne » est officiellement apposée sur les étiquettes. 17. C’est en millions le nombre de bouteilles de crémant 
de bourgogne qui sont mises en vente chaque année. 10. C’est le pourcentage de bouteilles de crémant qui sont élaborées par les six maisons de Rully.

Certaines fois, pour élaborer un grand vin, il ne faut pas grand-chose. À Rully, pour faire naître le futur crémant de Bourgogne, un homme aura suffi. Il s’agit de François-Bazile Hubert, jeune Champenois débauché par les insatiables chercheurs qu’étaient les frères Petiot. Ils installent alors ce jeune viticulteur (il a 19 ans) sur leur domaine de Rully. C’est en 1822 et l’histoire du crémant de Bourgogne vient de débuter.

Il faudra quelques années pour réussir à mettre au point un vin effervescent digne de ce nom.

Un million de bouteilles en 1830

Une fois que la « Fleur de Champagne » est élaborée, l’essor du crémant de Bourgogne va être rapide. En quelques années seulement, la production atteint déjà le million de bouteilles et les grandes tables des restaurants à travers le monde veulent servir ce vin issu des coteaux de Bourgogne. Toute la région commence à élaborer un vin mousseux mais Rully restera à jamais la capitale historique, celle du cœur pour bon nombre d’amateurs. C’est en parti dû au créateur du crémant de Bourgogne. Quand il a élaboré son produit, François-Bazile Hubert fonde sa propre maison dans la commune. Et il décide alors de transmettre son savoir-faire. À Rully, les blancs et les rouges ont la cote et le crémant arrive tout de même à tirer son épingle du jeu grâce à ce partage du savoir qui se transmet d’une cave à l’autre et d’une génération à une autre. Aujourd’hui encore, il existe six maisons qui font leur crémant et certains viticulteurs tiennent leurs conseils d’élaboration de leurs ancêtres qui les ont eux-mêmes reçus de la bouche de François-Bazile Hubert (voir l’Expert).

Un crémant en 1975

L’histoire du crémant ne s’arrête pas en 1826, le jour où les bulles se sont mariées au vin. Non, avant de pouvoir apposer sur une étiquette le mot crémant, la route a été longue.

Ce vin effervescent a pris successivement les noms de « Fleur de Champagne », « mousseux » et ce n’est qu’en 1975, au terme d’une longue bataille que le crémant apparaît enfin. La Bourgogne peut se targuer comme six autres régions françaises d’avoir un vin pétillant digne de ce nom. C’est véritablement une troisième façon de travailler la vigne et le raisin et non pas une occasion de jeter en pâture au client un breuvage piquant avec sur l’étiquette le prestige d’un nom qu’une profession tente de mettre en avant. Le crémant a un cahier des charges très précis.

Mais au-delà de cela, il a su se faire un nom. On le doit très certainement aux négociants qui ont pu vendre ce vin alors que le vignoble était fortement touché par le terrible phylloxera.

1 935 ha sont aujourd’hui déclarés pour produire du crémant. C’est peu par rapport au blanc ou au rouge. Il ne représente que 8 % du marché. Mais il a un atout, qui se résume en une seule phrase : mieux vaut un bon crémant de Bourgogne qu’un mauvais champagne. Et un très bon crémant de Bourgogne vaut largement un bon champagne.

grégory jacob

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